En 1964, Jean Vuarnet, champion olympique de descente en 1960, et le promoteur Gérard Brémond ont une idée qui fait rire les financiers de l'époque : construire une station de ski sans voitures, à 1 800 m d'altitude en Haute-Savoie. Une station où l'on se déplace à skis aux pieds ou en calèche, et où les bâtiments épousent la montagne au lieu de la défigurer.
Ils confient la conception à l'Atelier d'Architecture d'Avoriaz, fondé par Jacques Labro, Jean-Jacques Orzoni et Jean-Marc Roques. Jacques Labro a 26 ans, vient d'obtenir le Prix de Rome en 1961. Le plan directeur est posé en 1964, et il reste la référence pour toutes les constructions qui suivront.
Le résultat ? Une station que Gérard Brémond résumera lui-même d'une phrase : « Avoriaz est une utopie réalisée. »
Jacques Labro s'inspire de Frank Lloyd Wright et Alvar Aalto : chaque bâtiment suit la topographie du terrain, s'adosse à la pente, se glisse dans les buttes. Aucun angle droit imposé. Aucune silhouette identique à une autre.
La toiture devient une cinquième façade. Elle est inclinée jusqu'au sol pour retenir la neige et fondre visuellement dans le paysage hivernal. Les bâtiments ne posent pas sur la montagne : ils en sortent.
Le concept que Labro posera comme fondement de sa démarche : « le site est le potentiel. » Encore cité dans les milieux de l'architecture durable en 2025.
Les façades d'Avoriaz sont entièrement recouvertes de tavaillons, des bardeaux en bois de cèdre rouge (red cedar). Ils sont laissés bruts, sans vernis, pour vieillir naturellement au contact des éléments.
Avec le temps, les teintes évoluent selon l'orientation :
En intérieur, on trouve la chaux locale récoltée au pied de la montagne morzinoise. L'ardoise des carrières de Morzine habille toutes les salles de bain de l'Hôtel des Dromonts. Des matériaux naturels qui viennent du territoire, pas d'un catalogue.
Tout commence à Noël 1966 avec l'ouverture de l'Hôtel des Dromonts. C'est le premier bâtiment construit à Avoriaz, et il pose le ton de tout ce qui suivra.
Sa forme rappelle une pomme de pin qui s'extrait du sol vers le ciel. Plan en éventail, façades en lignes brisées, toitures épousant la butte. À l'intérieur : des hublots, des coursives croisées, des cheminées en forme de four, des tissus aux tons mandarine, violet et turquoise. Un appartement au sens presque naval du terme.
Détail savoureux : les poignées de porte d'entrée sont en forme de 6 et 7, pour marquer l'année de naissance de la station. Ce soin du détail se retrouve partout à Avoriaz.
Les architectes reçoivent le prix Équerre d'Argent dès 1968 pour ces premières constructions. La station a 2 ans.
Avoriaz est 100 % piétonne depuis sa création. Pas de voitures dans la station. En hiver, on se déplace à skis aux pieds ou en calèche tirée par des chevaux jurassiens. En été, à pied ou à vélo.
Les financiers de l'époque prédisaient l'échec. Les architectes ont dû adapter leur maquette pour convaincre. Aujourd'hui, ce concept est l'une des raisons principales pour lesquelles les familles choisissent Avoriaz : les enfants peuvent aller partout en sécurité, les adultes soufflent.
Tous les hébergements sont ski aux pieds, avec accès direct au domaine skiable des Portes du Soleil : 12 stations franco-suisses, plus de 600 km de pistes. De quoi occuper une semaine, voire deux.
Un club au panorama exceptionnel
Belambra est présent à Avoriaz avec le club Les Cimes du Soleil, situé au cœur de cette station piétonne à 1 850 m d'altitude. L'immeuble de 13 étages propose des chambres et appartements en formule all inclusive, avec vue panoramique sur les cimes. Côté restauration, deux espaces accueillent les clients, avec des spécialités savoyardes et un retour ski soigné. Un espace bien-être avec hammam, sauna et salle de fitness est aussi disponible sur place.
Les clubs enfants sont gratuits de 3 à 17 ans : les Renardeaux (3-5 ans), les Pirates (6-10 ans), les Juniors (11-13 ans) et les Ados (14-17 ans). Le club propose aussi une garderie payante et sur réservation pour les tout-petits de 4 mois à moins de 35 mois.
Avoriaz cumule les reconnaissances officielles :
Jacques Labro (1935-2024) a consacré sa vie à cette vision. Et l'esprit qu'il a posé en 1964 continue de guider les nouvelles constructions sur le plateau.
L'architecture d'Avoriaz est l'œuvre de l'Atelier d'Architecture d'Avoriaz (AAA), fondé par Jacques Labro, Jean-Jacques Orzoni et Jean-Marc Roques. C'est Jacques Labro qui porte la vision d'ensemble : une architecture organique, sans chalet savoyard traditionnel, où chaque bâtiment suit la topographie du terrain. Le plan directeur est dessiné en 1964 et reste la référence pour toutes les constructions suivantes. Le projet a été initié par Jean Vuarnet et le promoteur Gérard Brémond.
Avoriaz est piétonne depuis sa création, par choix de ses fondateurs Jean Vuarnet et Gérard Brémond. L'idée : une station où l'on se déplace à skis aux pieds, en calèche (tirée par des chevaux jurassiens) ou à pied. Les voitures s'arrêtent aux parkings à l'entrée de la station. Ce concept, moqué par les financiers de l'époque, est aujourd'hui l'un des grands atouts de la station : les enfants circulent librement, l'ambiance est calme, et tous les hébergements sont ski aux pieds.
Les façades sont entièrement recouvertes de tavaillons en bois de cèdre rouge (red cedar). Ces bardeaux sont laissés bruts, sans traitement, pour vieillir naturellement et se rapprocher des teintes grises des falaises environnantes. En intérieur, on trouve de la chaux locale récoltée au pied de la montagne morzinoise. L'Hôtel des Dromonts utilise l'ardoise des carrières de Morzine dans toutes ses salles de bain. Des matériaux naturels issus du territoire, pensés pour un mimétisme chromatique avec le paysage.
Oui. Avoriaz est intégrée au domaine skiable des Portes du Soleil, qui regroupe 12 stations franco-suisses pour plus de 600 km de pistes. Depuis Avoriaz, on peut skier jusqu'en Suisse via le Pas de Chavanette. Tous les hébergements de la station sont ski aux pieds, avec accès direct aux remontées mécaniques. C'est l'un des plus grands domaines skiables reliant la France et la Suisse.
Oui. Avoriaz est labellisée Architecture contemporaine remarquable par le ministère de la Culture français. Le 18 février 2025, l'immeuble Les Hauts-Forts 2 a été inscrit aux Monuments historiques par arrêté préfectoral : c'est la première œuvre d'Avoriaz à bénéficier de cette protection. La station a aussi reçu en 2012 le prix de la station de ski la plus innovante en développement durable aux World Snow Awards de Londres.